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samedi, juin 03, 2023

Scénario Amirauté : Casus Belli N°28

 



Casus Belli N° 28
Au format PDF

Pour cette fois, nous délaissons le soleil de Crète pour les mers froides. Après la critique de Narvik - le jeu - dans CB 26, voici Narvik, scénario pour Amirauté.
En aparté, Yves Jourdain réagit au compte rendu de partie des numéros précédents, rejoignant ici certains courriers de lecteurs. Qui prime, du jeu ou de l'histoire ? Une question qui pourrait susciter quelques précisions sur les règles...
Tout le monde a entendu parler de Narvik. Ce petit port du Nord de la Norvège donna lieu en avril 1940 à une chaude explication entre des destroyers allemands qui venaient de débarquer les hommes du 139e Gebirgsjäger Régiment appartenant à la 3e division alpine du général Dietl, et des destroyers britannique sous les ordres du capitaine de vaisseau Warbuton Lee.
N’ayant pu intercepter les navires allemands en pleine mer, les Anglais n'hésitèrent pas à aller les attaquer au fond des fjords où ils avaient trouvé refuge. Cependant il est certain que, si des mesures élémentaires de protection avaient été prises par le kommodore Bonte, ce désastre naval (qui coûta aux Allemands la moitié de leur contre-torpilleur, 10 furent coulés à Narvik sur un effectif total de22) aurait pu être évité ou, en tout cas, largement atténué.

Le Thème Amirauté qui vous est proposé est le suivant :

Nous sommes le mardi 9 Avril 1940 à 7 h du matin.
Les Allemands viennent d'envoyer par le fond les deux garde-côtes cuirassés norvégiens (Eidsvold et Norge) qui protégeaient Narvik. A cette heure la répartition des forces maritimes allemandes dans 3 secteurs (Zenker, Koe Liner, Giese) sont au fond de l'Herjangsfjord, débarquant les troupes qui doivent s'emparer du dépôt d'armé situé non loin de Bjerkvik.
3 autres bâtiments (Thiele, Von Amim et Heidkamp) sont accostés aux quais de Narvik.
2 destroyers (Künne, Schmidt) se trouvent dans le Ballangenfjord.
2 destroyers (Von Roeder, Ludemann) dans le Rembaks fjord.
5 cargos anglais mouillés devant Narvik sont en train d'être occupés par des équipages de prise.
2 cargos allemands (Lippe et un cargo minéralier) se sont mis aux ordres du kommodore Bonte.
Enfin deux U-Bootes (U-25 et U-51) sont en sentinelles dans l'Ofot fjord à la hauteur du pharede Tranoï.
Est également présent dans le port de Narvik, le ravitailleur allemand Jan Wellen bansportant 3000 t de mazout.
Les contre-torpilleurs allemands ont besoin de se ravitailler en combustible (délai de ravitaillement 3 heures par bâtiment).
Ils peuvent se ravitailler deux par deux accostés au Jan Wellen.



Caractéristiques des bâtiments allemands

Contre-Torpilleurs
2.200 tonnes, Dim. : 123 x 12 x 4.5.
Armement : 5 x 127,4 x 37 AA, 6 x 20 AA, 8 tubes LT de 533.
Les contre-torpilleurs peuvent également emporter 60 mines.
Pour cette mission elles ont été débarquées.

SM U-25
860 tonnes, Dim : 73 m.
Vitesse : 17.8 en surface (8 nœuds en plongée).
Armement : 6 tubes LT de 533 (4 av., 2 arr.), 14 torpilles ; 1 x 105 + 1 x 20 AA.

SM U-51
750 tonnes, Dim : 70 x 6 x 5.
Vitesse : 17 nœuds en surface, 8 nœuds en plongée.
Armement : 5 tubes LT (4av. + 1arr.), 12torpilles ; 1 x 88 + 2 x 20 AA.
Sur les 5 cargos britanniques capturés il y a sur chacun des bâtiments 2 canons de 102 approvisionnés à 30 coups par pièce.

Les premiers Britanniques arrivent

Le 9 Avril à 19 heures la flottille de destroyers du commodore Warbuton-Lee arrive en vue du phare de Tranoï. Elle est composée des 5 destroyers de la 2e flottille :Hardy, Havock, Hostile, Unter et Hospur
Caractéristiques :
1360 tonnes (Hardv : 1530 t).
Dim : 98 x 9.9 x 2.65 (Hardy : 102 x 10 x 2.7).
Vitesse : 36 nœuds.
Armement : 4 x 1 20 (5 sur le Hardy), 8 x mitrailleuses AA, 8 tubes LT de 533.
A ce moment-là les joueurs du camp anglais auront le choix entre 2 solutions :
  1. Suivre le déroulement historique, c'est à dire attaquer les navires allemands.
  2. Attendre les renforts en bloquant l'entrée de l'Ofot fjord.
L'escadre anglaise de renfort

Le 10 Avril à 18 heures la 20e flottille de destroyers arrive en vue de Tranoi. Elle est composée des destroyers : Bedouin, Eskimo. Punjabi, Icarus, Kimberley.
Le 13 à 06 h arriveront les derniers renforts britanniques : le cuirassé Warspite, destroyers Cossack, Hero, Foxhound et Forester.

Renforts allemands

Durant cette période les Allemands ne peuvent être renforcés que par le U-64 (classe IX B) qui arrivera devant Tranoï à 20 heures, le 10 Avril.
Caractéristiques de I'U-64 :
1068 tonnes - Dim. : 76 x 6.7 x 4.70.
Vitesse : 18 nœuds en surface, 7 nœuds en plongée.
Armement : 6 tubes LT de 533 (4av., 2arr.) 22torpilles, 1 x 105 + 1 x 37 AA + 2 Mt AA de 20.

Le transport ravitailleur Rauenfels doit arriver dans l'Ofoffjord le 10 Avril aux environs de 5 heures. Il est chargé de torpilles de rechange pour destroyers et sous-marins, de carburant et d'une batterie côtière de 150.
Il transporte également une batterie de 4 x 88 AA et de 16 x 37 AA.

Dans ce jeu les amateurs de combats navals seront satisfaits.
En effet, aucune intervention aérienne ne peut avoir lieu. Seul, sera utilisé un avion (Walrus) embarqué sur le Warspite.
La disproportion des forces entre Anglais et Allemands au bénéfice des Britanniques n'est guère qu'apparente car les contre-torpilleurs et sous-marins allemands peuvent mettre à profit les nombreux fjords pour tendre des embuscades meurtrières aux Anglais. De plus les Britanniques devront automatiquement prendre l'initiative des opérations et ne peuvent se contenter de bloquer les navires allemands. En effet, un blocus britannique ne peut être envisagé car, au bout d'une quinzaine de jour, l'aviation allemande va disposer de terrains lui permettant de soutenir efficacement les défenseurs de Narvik. Et les navires britanniques devront se retirer devant la pression exercée par la Luftwaffe.

Caractéristiques des navires anglais arrivant en renfort

Cuirassé Warspite :
31.000 tonnes. Dim. : 1 96 x 32 x 9.7, Taille 1, Points : 66, Vitesse : 24 nœuds.
Armement : 8 x 381 (32.000m), 8 x 152 (14.700m), 8 x 102 AA (12.500 m), 16 x 40 M, 8 x MT AA.
Un avion à bord (Walrus).

Destroyers (type Tribal) : Bedouin, Eskimo, Cossak, Punjabi.
2500 tonnes à pleine charge. Dim. : 109 x 11 x 4. Taille 4. Points 2.1.
Vitesse: 36 nœuds.
Armement : 8 x 1 20 (18.000 m) en 4 tourelles doubles, 4 x 40 AA (1 affut quadruple), 8 x MT M de 72.7 ,4 x TLT de 533.

Destroyers (Type K) : Kimberley ; (Type F) : Foxhound, Forester; (Type I) : Icarus; (Type H); Hero.
Vitesse : 36 nœuds, Dim. : 98 x 10 x 2.6, Taille : 4, Points : 1.4.
Armement : 4 x 120 (18.000 m), 8 MT AA, 8 x TLT de 533.

Météo

Lever du soleil 5 h, coucher : 19 heure.
Visibilité de jour : Les 9 et 10 Avril, en mer : 25.000 mètres. Temps très mauvais. En dehors des fjords : mer force 8.
Visibilité de nuit : les 9 et 10 Avril à l'intérieur des fjords sous les averses de neige = 400 mètres. En mer : 1.000 mètres.
On considèrera qu'à partir de Tranoï la mer est calme à l'intérieur des fjords entourant Narvik.
Nuit du 10 au 11 Avril à partir de minuit : visibilité 18.000 m.
Météo du 11 Avril : Temps dégagé, mer forte force 5 à 6.
Visibilité de jour : 35.000 mètres, de nuit 15.000 mètres.
Même type de temps pour les jours suivants.

Le but de la partie

Les navires allemands ayant rempli leur mission doivent essayer de regagner leur base.
Il appartient aux Britanniques d'essayer de les en empêcher.
Mais les Allemands doivent tout faire pour que le transport Rauenfels arrive sain et sauf à Narvik car il transporte du ravitaillement et du matériel indispensable aux troupes d'occupation.
Si les Allemands ont plus de 50 % de pertes (5 destroyers et 2 cargos par exemple) il y aura match nul si les Britanniques ont, eux aussi au moins 6 destroyers coulés.
L'arbitre devra tenir compte en fin de partie du fait que les Allemands ont un besoin vital de récupérer leurs contre-torpilleur alors que les Britanniques peuvent se permettre d'en perdre 6 ou 8 sans conséquence sérieuses pour la Navy. Par contre si le Warspite est coulé cela aura des répercussions importantes sur le plan de la propagande, et sur le moral de la population anglaise.
Donc objectif pour les Allemands : sauver les contretorpilleurs et couler le Warspite.
Objectif des Britanniques : faire en sorte que Narvik devienne le tombeau des contretorpilleurs allemands.
Joueurs d'Amirauté, bonne chasé et joyeux combats !

J. Ricard

Quand le bateau fait... oh !

Avertissement

Les extraits qui vont suivre sont une Œuvre de pure imagination; toute ressemblance avec des événements passés est rigoureusement impossible. Il n'en va pas de même avec les personnes...
  • samedi 11 mai, 17 h 30...
    « Cette fois, je le tiens ; je lui mets sur le dos très exactement 52 avions torpilleurs, en 4 vagues... La D.C.A. ? Bof, aucun problème, j'ai tout prévu ; j'ai sournoisement glissé une trentaine d'hydravions de reconnaissance au milieu d'eux, histoire, mathématiquement parlant, de faire baisser le pourcentage des pertes, (et puis au moins, ils m'auront servi à quelque chose...). Ah ! Les voilà... Va être surpris le coco... Aïe. Il a formé un écran avec ses destroyers, (pas si C.. qu'il en a l'air, çui-là...) passerait pas une feuille de papier à cigarettes ; tant pis, faut-y-aller ! ».
  • 15 minutes d'angoisse (et de maths) plus tard...
    « 4e et dernière vague, plus de destroyers, sont tous allés au fond (ça leur apprendra à ne coûter que l,5 pts, non mais...) ; au tour du porte-avion cette fois, ah ! Mais le lâche, le vicieux, le censuré ! Il fait faire de l'aquaplaning à ses hydravions pout intercepter mes torpilles !... C'est plus gue je n’en peux supporter... Dieu-arbitre, à moi ! Au vol, scandale, c'est pas du jeu, pouce, je ne joue plus, je... Comment ?! Rien ne l'interdit dans la règle ?... Mais... Ah, oui. Le coup des hydravions de reconnaissance... Oui, bien sûr, mais... Bon, ça va, je m'incline...
    J'ai l'esprit sportif moi, Monsieur... (T’en fais pas bonhomme, le prochain coup je vais faire « kamikaze » à tout ce qui vole ; après tout, la règle ne l'interdit pas, non mais !...) ».
Le fond du problème (de maths)

C'est vrai, la règle ne l'interdit pas, elle n'interdit rien d'ailleurs, du moment que l'on reste dans les limites mathématiques...
Déjà, dans les wargames « traditionnels », le ludique le disputait toujours à l'historique, à l'avantage du premier nommé, essentiellement pour des raisons commerciales, parce qu'un jeu dit « équilibré » se vend mieux qu'un autre qui n'est pas reconnu comme tel.
(On avait déjà le jeu d'échecs, merci). Avec Amirauté, la confrontation des deux tendances atteint son paroxysme !
Avant d'aller plus loin dans mes propos, je tiens à préciser que je ne fais le procès de qui ou de quoi que ce soit. Je ne fais qu'exprimer mon avis.

Carton jaune (à l'arbitre)

Pour éviter qu'une partie d'Amirauté ne se transforme en « interro » de maths, ou pire, en un match de D & D (ou peu s'en faut), l'arbitre se doit de faire en sorte que le train reste sur ses rails. C'est à dire qu'il doit connaître le sujet à fond sur le plan historique; car enfin, une simulation digne de ce nom doit coller au maximum à la réalité.
Prendre une machine à calculer et s'en servir, tout le monde peut le faire, et laisser une partie d'Amirauté se limiter à des additions et autres multiplications, c'est bien dommage et ce n'est certainement pas ce que souhaitait le Dr Bois.
Et l'équilibre ? Parlons-en ! J’ai horreur des parties dites « équilibrées ». Quel intérêt y-a-t ‘il à mettre approximativement le même nombre de navires et d'avions dans les deux camps ?
On avait déjà le jeu de dadas, merci). Simplement pour pouvoir dire, « j'ai gagné », la conscience tranquille ?! Là aussi, c'est bien dommage, car une simulation n'est pas un jeu.
On avait déjà le Monopoly, merci). Qu'on arrive à me dénicher, dans les livres d'histoire, un affrontement aéronaval « équilibré »?!
Le paradoxe, dans tout ça, c'est que si l'on part d'un scénario historique, les règles d'Amirauté prises de façon intrinsèque, créent un déséquilibre qui éloigne un peu plus de la réalité.
Je ne veux que pour exemple les scénarios de Mare Nostrum. Le Dr Bois, c'est tout à son honneur, a certainement effectué des recherches approfondies pour nous donner des scénarios historiques, dans leurs moindres détails.
Seulement voilà, les règles proposées donnent l'avantage, très nettement, au camp italien, dans la plupart des cas. De même, pour Mers-El-Kébir, le camp français est certain d'infliger des dégâts importants au camp anglais. Alors que dans la réalité, les Italiens n'ont jamais remporté un engagement naval de quelque importance, et les Français n'ont pas mis un seul coup au but sur les cuirassés anglais.
Qu'est-ce à dire ? Qu'il vaut mieux laisser de côté les scénarios historiques ? Pas du tout, ce sont tout simplement les règles qu'il faut, je ne dis pas modifier, mais adapter.
C'est donc à (mort) l'arbitre (!) et aux joueurs aussi d'ailleurs, de restituer les possibilités de chacun dans l'environnement de l'époque choisie. Je vais prendre comme exemple le scénario Pearl Harbor auquel j'ai eu l'insigne honneur de Participer.
Outre le fait que l'on connaisse exactement le potentiel de chacun, mais ça, c'est un autre problème, il m'a semblé

irréaliste de :
  1. Jouer la partie sur plus de 24 h fictives.
  2. Accorder la même valeur, ou presque, aux Zéro et aux P40.
  3. Voir les sous-marins japonais se balader tranquillement en surface et en plein jour.
  4. Voir les destroyers se faire pulvériser, serrés comme des sardines, pour former des écrans.
  5. Voir les PBY se promener avec des torpilles.
  6. Voir des affrontements aériens par paquet de 50 ou 100 avions.
  7. Tenir la comptabilité des pertes adverses au compte-gouttes.
Etc...

Si l'on avait voulu serrer à la réalité, tous ces points auraient été à supprimer ou à revoir.
Maintenant, si la partie avait été censée se dérouler en 1914, les points 2 et 5 devenaient crédibles.
Prenons maintenant le compte-rendu de la Crète 1941 ; je connais Monsieur Ricard, et j'ai beaucoup d'estime pour lui, comme j'apprécie les compléments techniques qu'il a apportés (si, après ça il prend la mouche...) ; mais j'imagine que certains ont dû faire la grimace en voyant un sous-marin italien couler deux croiseurs britanniques et endommager gravement un troisième, d'un seul coup. Quand on sait que, de l'aveu des Italiens eux-mêmes, l'influence de leurs sous-marins sur les événements en Méditerranée a été quasi-nulle... Avec un sous-marin allemand, je pense que le coup n'aurait pas été possible non plus, mais la pilule serait mieux passée. Un sous-marin italien ou japonais, ça ne valait pas un sous-marin anglais, américain ou allemand...
En décembre 1941 et jusqu'au milieu de 1942, aucun appareil allié ne pouvait tenir tête à un Zéro...
Donc, de grâce, assez de fantaisies, faisons de la simulation, pas des mathématiques. Je vais arrêter là pour aujourd'hui, le temps de laisser à un matheux l'occasion de river son clou à l'historien (amateur) que je suis.
Mais, je compte bien, exemples à l'appui, approfondir quelques aspects de la question, dans un prochain numéro.
Sans rancune,

Yves Jourdain



vendredi, juin 02, 2023

Scénario Casus Belli : Casus Belli N°26

 




Casus Belli N° 26
Au format PDF

L’occasion rêvée
Dans le précédent numéro nous en étions restés au moment où, l’escadre de Malte fonçait à 30 nœuds, droit sur un sous-marin italien. La formation de route suivie par les Britanniques permet au commandant italien de se placer dans une position extrêmement favorable qui va lui permettre de torpiller simultanément les trois croiseurs anglais.
L’ennemi se rapproche rapidement, le commandant italien a pris sa décision. il sait, lui, par les messages de son Amirauté que son opérateur radio a décodé, qu’une escadre italienne suit actuellement le même cap et la même route que les Anglais. Il calcule que s’il arrive, ne serait-ce qu’à ralentir l’allure des 3 croiseurs, cela pourrait être pour la marine italienne la revanche tant souhaitée depuis les désastres de Tarente et Matapan. Mais il y a ces 4 destroyers, par bonheur un peu en retrait. Il réfléchit : s’il tire de trop loin, l’ennemi a de fortes chances, à 30 nœuds, d’éviter la plupart des torpilles, s’il lance de près il est quasiment perdu. Sa décision est prise : un sous-marin pour 2, peut-être 3 croiseurs, cela ne se discute pas, ne peut pas se discuter. Et puis, il est temps de montrer à ces sous-mariniers allemands que les Italiens, eux aussi, savent se battre sur mer avec efficacité.
A 13 h 30, la formation anglaise, ne se doutant de rien, file toujours ses 32 nœuds suivant le même cap : droit sur le sous-marin. Le commandant Italien les laisse approcher. 800, 700, 600 mètres. A 500 mètres, 3 torpilles partent vers le croiseur léger de tribord (l’Achilles). Fuoco, le commandant vient de lancer 3 autres « siluris » (torpilles) en direction du Charybdis, suivies de 2 autres fonçant à 30 nœuds à la rencontre du Manchester.

Voici le schéma de la formation britannique au moment où elle est attaquée par le sous-marin




A = croiseur léger Achilles
M = croiseur Manchester
C = croiseur AA Charybdis
S = sous-marin

Le festival des torpilles
Lancées de très près, sous un angle favorable, les 3 torpilles parties sur l’Achilles ont toutes atteint leur but; coupé en deux, le croiseur coule immédiatement. Le Charybdis qui se trouvait à environ 1350 mètres du sous-marin n’a pu éviter qu’une torpille, les deux autres ont touché. La coque éventrée, le croiseur AA en feu est la proie des explosions, il s’incline sur bâbord et chavire lentement. A bord du Manchester, le plus éloigné, (1500 mètres environ) on a tout de suite compris, un brusque changement de cap a permis d’éviter la première torpille, mais pas la deuxième qui a atteint le bâtiment à l’arrière. Durement touché (21 points de dégâts) le navire anglais lutte pour sa survie. Sa vitesse est tombée à 8 nœuds. Le commandant ordonne de noyer les soutes arrières, il pense que son bâtiment peut encore être sauvé.

Une victoire à la Pyrrus
L’Achilles et le Manchester touchés à tribord, le Charybdis à bâbord, les commandants des destroyers ont tout de suite situé la position approximative de l’ennemi. Réduisant leur vitesse à 14 nœuds, les 4 destroyers se mettent aussitôt en recherche Asdic. Le contact est vite établi, la fréquence de renvoi du signal est très rapide, l’adversaire n’est pas loin. Arrivés sur la position présumée de leur objectif les 4 destroyers commencent à lancer leurs grenades anti-sous-marines. Les patterns (chapelets) succèdent aux patterns. La mer déchirée par des dizaines d’explosions ressemble à un volcan en éruption. Soudain, les veilleurs à bord des destroyers, signalent l’apparition de nombreuses épaves flottantes. Le grenadage est interrompu. Les destroyers stoppent aussitôt, les équipages voient alors avec une certaine satisfaction une grande tache d’huile qui s’étend de plus en plus: le sous-marin italien n’a pas survécu à sa victoire. La coque éventrée par l’explosion des charges de profondeur, il a coulé entrainant avec lui le commandant et 55 hommes d’équipage.

Un retour impossible
Pendant ce temps, les incendies maitrisés, le Manchester a repris sa route mais à 8 nœuds seulement. Encadré par les 4 destroyers il pense pouvoir rallier Alexandrie. Cependant l’escadre de Messine poursuivant sa route se rapprochait inexorablement du navire blessé. A 15 h les vigies italiennes repèrent sur leur avant bâbord un groupe de navires. Les navires italiens gagnent rapidement sur les Anglais. La distance diminue. Flairant un piège l’amiral italien divise son escadre en deux parties égales prenant les bâtiments britanniques dans un étau. A 15000 m les croiseurs italiens ouvrent le feu. La riposte anglaise est faible. Des salves italiennes touchent le croiseur anglais qui, soudain, s’embrase explose et coule rapidement. Les 4 destroyers britanniques fuient à 36 nœuds. C’est en repêchant les marins anglais que l’amiral italien connut la vérité et l’Italie toute entière l’exploit du commandant de sous-marin qui, à lui seul, avait permis la destruction de l’escadre légère de Malte.

Les Anglais reprennent l’initiative
Pendant ce temps l’Amirauté britannique ne restait pas inactive. Peu après l’attaque de l’escadre qui protégeait le Formidable, un groupe naval comprenant 4 croiseurs (Ajax, Perth, Hermione, Cairo) et 8 destroyers (4 Kelly et 4 Glowworn) fonçait cap au Nord-Ouest à 32 nœuds vers un petit port du Sud de la Crète : Sfakia. Elle devait y arriver aux environs de 17 heures.
La flotte partie d’Alexandrie à 3 h du matin éclatait en 3 groupes: une force navale comprenant les croiseurs Sheffield, Newcastle, Fidji, Jamaica et 4 destroyers type Glowworn se dirigeait vers Mycènes. Elle devait effectuer un bombardement de l’aérodrome vers 20 heures.
Deux croiseurs (Arethusa et Calcutta) et 5 destroyers type Cossak filaient à 29 nœuds vers un autre port du Sud de la Crête : Mélambes. Ils devaient l’atteindre vers 18 h 30 pour embarquer des troupes.
La 3° partie de l’escadre, la plus importante, comprenait les cuirassés Barham et Valiant, les croiseurs Sydney et Dido ainsi que 3 destroyers type Vampire. L’objectif était de bombarder les installations aéronavales de Scarpento afin de rendre inutilisables l’aérodrome et la base d’hydravions. A 16 h 30 le bombardement naval devait commencer.
Enfin un groupe de soutien formé du cuirassé Queen Elisabeth, du croiseur Southampton et de 4 destroyers type Hardy suivait à 25 nœuds les croiseurs qui devaient embarquer les troupes à Sfakia. Les Anglais prévoyaient qu’ils auraient vraisemblablement à faire face aux forces aériennes allemandes aussi avaient-ils organisé 2 raids aériens devant détourner l’attention des Germano-italiens.

Diversion dans les airs
A 13 h une force aérienne comprenant 6 Beaufighters, 6 Bristol Beauforts et 10 Blenheims s’envolait de l’aérodrome de Fouka, objectif : bombarder Eleusis en plein cœur du dispositif aérien allemand. Cependant qu’à la même heure 1 Albacore et 3 Sunderlands mettaient le cap vers Molaoi. Les Gladiators, Hurricanes et Fulmars assuraient la protection par roulement de l’escorte du Formidable (qui regagnait péniblement Alexandrie à 8 nœuds); ainsi que des aérodromes de Marsa-Mathrou et de Fouka, vitaux pour les Britanniques maintenant que leur porte-avions était devenu incapable d’assurer sa mission. Il faut d’ailleurs signaler que son pont d’envol endommagé bloquait à l’intérieur des hangars : 6 Swordfishs et 8 Albacores dont les Anglais auraient bien aimé se servir en ce moment. Le raid sur Eleusis était programmé pour 15 h 10. Celui sur Molaoi aux environs de 16 heures.

Les Germano-Italiens ont des problèmes
En effet, leurs bases de Scarpento, Argos et Molaoi sévèrement endommagées empêchaient les Allemands de déployer leur aviation et, surtout, les obligeaient à concentrer un maximum d’appareils sur les autres aérodromes ce qui n’allait pas sans risque. Aussi avaient-ils envoyé 4 ME-110 et 27 DO-17 à Derna. Ceci pour permettre l’arrivée de 12 Z-506 et de 12 MC-200 sur la base de Tatoi. Pendant que 6 Z-501 rejoignaient Mycènes.
Le plan des Anglais était bon puisqu’il consistait à maintenir la pression avant la nuit sur les aérodromes précédemment endommagés et même d’attaquer de nouvelles bases (Mycènes).

L’opération tiroir
Cependant qu’avaient lieu ces préparatifs, les Britanniques évacuaient 3000 hommes de la ligne de front et les dirigeaient vers les ports d’embarquement de Sfakia et Mélambes. De ces troupes, 1000 provenaient de Rethimo et 2000 de la région de La Canée. Ceci laissait toujours les Anglais en position de force devant les effectifs allemands assez réduits qui leur faisaient face.

L’alerte est donnée
A 15 h 10, comme prévu, une vague de bombardiers britanniques surgit soudain dans le ciel grec ; venant de la mer, ils n’ont pas été détectés. Ils foncent droit sur la base d’Eleusis. Mais où sont les chasseurs allemands ? Les 6 ME-110 et les 6 FW-189 basés ordinairement à Eleusis servent en ce moment de protection au convoi de péniches qui fait route vers l’île de Crète. 12 ME-109 sont encours de ravitaillement sur la base de Tatoi. 6 RE-2000 et 6 ME-109 couvrent Mycènes. Seuls 4 RE-2000 et 5 ME-109 sont en vol dans le secteur, couvrant le ravitaillement des 12 ME-109 de Tatoi. Ce sont ces 9 appareils qui tentent de s’opposer courageusement aux bombardiers britanniques. Mais ils arrivent trop tard pour empêcher le bombardement de l’aérodrome. Sur les 17 JU-88, les 9 HE-III et l’arado 196 qui se trouvaient au sol, seuls 10 JU-88 ont pu décoller en catastrophe. Et c’est la répétition de l’opération « Scarpento ». Le terrain encaisse 15.5 points de dégâts, la DCA 2 mais, ce qui est plus grave, il y a 10 appareils détruits au sol. 5 HE-111,1 Arado et 4 JU-88. Poursuivis par les chasseurs germano-italiens, les bombardiers anglais, bientôt rejoints, sont attaqués par 5 ME-109 et 4 RE-2000 auxquels les Allemands ajoutent les 10 JU-88 qui ont réussi à décoller.

Le premier combat donne comme perte de part et d’autre :
1 RE-2000 + 1 ME-109 + 6 JU-88 chez les Germano-Italiens
1 Beaufort + 3 Blenheims chez les Britanniques
Il reste pour le 2ème combat :
Côté Anglais : 6 Beaufighters + 5 Beauforts + 7 Blenheims
Camps allemand : 4 ME-109 + 3 RE-2000 et 4 JU-88
Se jugeant par trop en infériorité numérique les Germano-Italiens rompent le combat.
A 15 h 30, un Arado-196 retour de mission repère en mer à une cinquantaine de Km de Scarpento une escadre anglaise comprenant 2 cuirassés, 2 croiseurs et 3 destroyers, cap droit sur l’île, vitesse 25 nœuds. Signal radio bien reçu, les Allemands font décoller à 16 h :
18 JU-87 de Mycènes
5 JU-87 de Scarpento
7 JU-88 d’Eleusis
4 SM-79 de Tatoi + 12 JU-87
Les instructions reçues par les chefs d’escadrille sont les suivantes :
- A 17 h une première attaque en piqué sera effectuée par 23 JU-87 (Mycènes + Scarpento) auxquels se joindront les 7 JU-88 d’Eleusis.
- A 17 h 30 aura lieu une seconde attaque avec 4 SM-79 + 12 JU-87 (ceux de Tatoi obligés d’atterrir à Mycènes pour se ravitailler en carburant). Les Allemands commencent à avoir des problèmes de logistique. Ces 16 appareils devront en priorité attaquer les unités navales endommagées lors du raid précédent.

Un ouragan de feu
A 16h30, comme prévu, l’escadre lourde britannique se présente devant l’île de Scarpento. Les 2 cuirassés catapultent leurs Walrus pour régler le tir. Deux appareils survolent l’objectif (aérodrome) pendant que les 4 autres surveillent le ciel aux quatre points cardinaux. A 16h35 les pièces lourdes britanniques ouvrent le feu, à 15000 m.
Aussitôt un ouragan de fer et de feu s’abat sur l’aérodrome. A chaque salve, 16 obus de 381 pesant chacun une tonne partent en sifflant vers leur cible. A 17 h il ne reste pratiquement plus rien. Tout est bouleversé, anéanti. 188 points de dégâts sont signalés au parti germano-italien. Ici les stukas ne se poseront plus et de longtemps !

La vengeance tombe du ciel
A 17 h 05, le Walrus qui surveille les approches de l’île dans le secteur Nord signale l’arrivée d’une formation aérienne importante. Aussitôt les Anglais adoptent le dispositif anti-aérien prévu. Depuis déjà un bon moment les pilotes allemands n’ont plus besoin de compas pour guider leur vol. Depuis des kilomètres ils voient monter dans le ciel la fumée des incendies provoqués par le bombardement naval. Et c’est avec une froide détermination que, les dents serrées, ils piquent l’un après l’autre sur leur objectif. Eh oui, un seul objectif, le plus gros, le plus beau : le Valiant. Dans le hurlement des sirènes, ils foncent à travers le mur de feu de la DCA, lâchent leur cargaison mortelle et remontent le plus vite possible tachant de sauver leur peau après avoir distribué la mort. 23 JU-87 et 7 JU-88, cela représente pas mal de bombes lâchées sur une unique cible. Impossible de le manquer. Un taille 1 à 25 nœuds cela représente en piqué une chance sur deux de toucher ! (50 %). Et le Valiant encaisse, il encaisse même beaucoup, l’addition est salée : à la mesure de la note à régler !
L’arbitre annonce aux Anglais « 35, 25 points de dégâts » et à tous : « appareils abattus : 3 JU88 et 5 JU87 ».
La vitesse du Valiant est tombée à 12 nœuds. Il est 17 h 15 l’escadre anglaise met cap au sud, mission remplie.
Pendant ce temps Molaoi a subi un bombardement aérien, 1 Albacore et trois Sunderlands ont causé 5,75 points de dégâts à la base. Ils sont interceptés sur le retour par 6 ME -109. Résultat du combat : 1 Sunderland abattu.

Sur mer
Pendant que se déroulaient ces événements qui avaient pour but d’empêcher l’intervention des stukas au Sud de l’île de Crète en les obligeant à intervenir sur la flotte et en neutralisant les aérodromes les plus rapprochés; en mer, il y avait du nouveau.
Le convoi de péniches parti du Pirée se trouvait maintenant protégé par l’escadre de Tarente avec laquelle il avait fait la jonction. Mais les Italiens avaient détaché les 3 croiseurs légers (Montecucolli, Attendolo et E. Di Savoia) qui, accompagnés de 3 destroyers, contournaient à 15 h la pointe Sud-Ouest de l’île de Crête à 30 nœuds, dispositif en file, 2 destroyers devant, 1 en serre-file. Distance entre les navires 3000 mètres, ce qui les mettait à l’abri d’un torpillage simultané (voir la fin des croiseurs légers de Malte).
A partir de 16 h 30 ce groupe naval croise devant Sfakia, ayant pris contact avec le sous-marin qui, depuis la nuit monte la garde devant ce port, les Italiens ayant prévu depuis le début du jeu que les Anglais rembarqueraient dans le secteur.
Aux environs de 17 heures, les vigies italiennes signalent l’arrivée de navires de guerre venant du Sud.
Que va-t-il se passer ? L’escadre de Messine se trouve à environ 3 heures de route dans l’Ouest, celle de Naples est bien trop au Nord pour pouvoir intervenir.
Que va faire le commandement germano-italien ?
Les Anglais vont-ils pouvoir rembarquer ?
La suite dans le prochain numéro de Casus Belli.

Jean Ricard


mercredi, mai 17, 2023

Scénario Amirauté : Casus Belli N°25

 



Casus Belli N° 25
Au format PDF

Où en étions nous resté dans le numéro précédent ?... Ah oui, la bataille est engagée au large de la Crète, et un avion vient de repérer le porte-avions britannique Formidable, escorté de seulement deux bâtiments...

Les opérations aériennes

Ayant supposé que les convois allemands avaient pris la mer, Michel et Stéphane décident d'envoyer une formation aérienne les intercepter.
Pour cela ils font décoller à 8h15 12 Fulmans (armés chacun d'une bombe de 250 kg) et 2 Albacores (1 BB de 500 kg + 2BB de200 kg)
La mission principale signalée à l'arbitre est : « intercepter tout groupe naval rencontré » (En fait ils recherchent les péniches). Objectif secondaire : l'aérodrome d'Eleusis.
Les effectifs aériens du Formidable sont alors réduits à 2 Fulmars et à 6 Swordfishs. C'est peu, trop peu... ! Heureusement qu'à 8 h 26 les 8 Fulman rescapés du raid sur Scarpento arrivent en vue du porte-avions.

Opérations d'appontage : 8 minutes = 8h34
Descente dans les hangars : 4 minutes = 8h38 (2 ascenseurs : 2 avions par minute).
Opérations de ravitaillement : 20 minutes : 8h58

Donc au moment où l'Arado 196 passe son message de découverte il y a à bord du Formidable l0 chasseurs de prêts : les 8 revenus de Scarpento et les 2 qui sont restés à bord.
Entretemps (à 8h51) sont arrivés les 8 Albacores revenant de Scarpenro.
A 9h03 ils sont dans les hangars et seront normalement prêts et armés.
Vers 9h48. C'est au moment où les Anglais commencent à être un peu rassurés et mettent cap au Sud pour rejoindre l'escadre que soudain 1e contrôle radar du Formidable signale à la passerelle avoir détecté un vol d'une vingtaine d'appareils se dirigeant droit sur le porte-avions. Pour les Anglais 20 appareils, vraisemblablement des bombardiers, qui attaqueront en altitude, cela n'est à leur avis pas trop grave. Ils savent qu'ils sont hors de portée des Stukas et que les JU-88 ayant participé au raid sur Malte ne peuvent pas encore être engagés. Donc, pour eux, il ne peut s'agir que de bombardier d'altitude. Ce qu'ils ignorent c'est le mouvement aérien nocturne qui a permis à Serge de baser les SM-79 et les RE-2000 en Grèce. Et, surtout, que parmi les avions qui arrivent se trouvent 12 des meilleurs chasseurs italiens de l'époque. Car ne pouvant engager qu'un nombre limité d'avions torpilleurs, Serge les protège au maximum.

Le Central informations du Formidable a détecté l'escadrille ennemie à 50 milles (92 Km) environ du point où se trouve le porte-avions. Le temps presse ! La formation ennemie vole à 360 km/h, dans un quart d'heure ils seront sur l'escadre. Le Formidable se place debout au vent pour lancer les 10 Fulmars. En 5 minutes les chasseurs ont décollé, il leur en faut autant pour monter à 3 000 m. Le temps de grimper encore un peu et voici la formation ennemie. L'escadrille britannique se trouve soudain engagée par des chasseurs italiens et pas n'importe lesquels : 12 RE-2000 « Falco », (valeur de combat 81,6 points) !
Les 10 Fulmars plus lents que leurs adversaires, n'ayant que 65 points de valeur sont obligés de subir le combat sans pouvoir intercepter les avions torpilleurs italiens qui, montant en altitude se tiennent à l'écart de l’engagement. Dans le combat entre chasseurs des deux camps la proportion est de 1,26 en faveur des Italiens. Réalisant tout à coup que la chasse du porte-avions va être surclassée, les Anglais indique à l'arbitre que 12 Hurricanes décollent d'Alexandrie, à la vitesse maximale, cap sur le Formidable. Il est hélas bien hop tard ! Les Britanniques qui, décidément n’ont pas de chance perdent 5 Fulmars pour 1 RE-2000 dans le camp italien. Se regroupant, les deux RE-2000 survivants rejoignent les 6 SM-79 et, tous ensembles, foncent au ras de l'eau vers leur seul objectif : Le porte-avions. Pourquoi les Anglais n'ont-ils pas fait décoller
  1. Les 8 Albacores qui auraient pu intercepter ou tout au moins gêner les avions torpilleur italiens ? MYSTERE !
  2. Les 6 Swordfishs pour les sauver au cas où le porte-avions serait soit coulé, soit sévèrement endommagé. Tout cela était réalisable car le combat aérien ayant duré 10 minutes donnait le temps à 20 appareils de décoller du Formidable.
L'attaque du porte-avions

La formation adoptée par les Anglais a été celle « en ligne », (voir schéma ci-dessous).










Aucun navire ne se présentant en « écran » du porte-avions, ce dernier offre son énorme masse de 230 mètres de long aux coups des avions torpilleurs. Même à 30 nœuds, la cible est magnifique. (Le tableau 1 de l'annexe 15 d'Amirauté indique 28 % de chances d'atteindre le but). La DCA anglaise comporte au total 128 tubes (80 pour le Formidable + 24 pour chacun des deux croiseurs). Seulement, les assaillants arrivant au ras de l'eau, et d'un seul bord, il n'y a que 50 % de pièces qui peuvent tirer. Sentant le danger, les artilleurs britanniques tirent à une cadence infernale, 1 RE-2000 puis 2 SM-79 s'abattent dans les flots. Mais les autres ont passé ! Dans les 4 avions torpilleurs survivants, les pilotes, la main sur le levier de déclenchement des torpilles voient la cible devenir immense, à 400 mètres ils déclenchent le tir, libérant chacun 2 torpilles de 450. Huit sillages mortels filent sournoisement vers l'objectif. L'une après l'autre, 3 explosions ébranlent le porte-avions bousculant les avions sur le pont ; à l'intérieur toutes les lampes s'éteignent et le navire prend immédiatement une gîte inquiétante de 10 degrés. La machine ne répond plus, toutes les communications sont coupées. Le navire vient d'être touché à mort !
L'arbitre annonce au commandement germano-italien : « 3 torpilles au but », et aux Anglais « 3 torpilles ont atteint le porte-avions, 39 points de dégâts ». (Le Formidable valant 45 points, on mesure l'étendue du désastre !). Il ne lui reste plus que 6 points, c’est-à-dire environ 15 % de son potentiel initial.

La 2° intervention des Stukas

Pendant que ceux, en cours de ravitaillement sur la base de Scarpento étaient sévèrement étrillés, d'autres se préparaient pour le deuxième raid de la journée. Et à 9 heures, Serge faisait décoller : 12 JU-87 de Molaoï, 6 d'Eleusis, 6 d'Argos et 6 de Tatoi, soit au total 30 stukas qui se regroupant en mer au sud d'Athènes, fonce vers la Crète. Leur mission consiste, partant de la région d’Héraklion délaissée lors de l'attaque matinale, d'explorer (cap à l'Est) la portion de mer s'étendant d'Héraklion jusqu'à la pointe Nord-Est de l'ile.
Ce groupe aérien n'aura aucun mal à découvrir les 7 cargos partis d'Héraklion (un premier convoi de 4 suivis d’un deuxième convoi de 3 cargos). Et ce sera la répétition (en plus grand) de l'attaque effectuée par les 18JU-87 de Scarpento. Mais, alors que les cargos coulés durant le premier raid étaient vides, ceux qui sont envoyés par le fond sont chargés à bloc de troupes et de matériel Le score est sans appel : 7 cargos coulés entraînant la perte de 4 000 hommes de troupe et de 3 000 tonnes de matériel. Le convoi n'étant pas protégé ni escorté, les appareils allemands n'ont pas subi de pertes.

Carte des opérations




  • 1 - Escadre légère de Messine (cap sur Malte, puis route vers la Crète)
  • 2 - Escadre de Naples
  • 3 - Escadre de Tarente
  • 4 - Escadre légère de Malte (tracé en pointillé - d abord cap sur le Sud-Est de la Sicile puis route à l'Est vers la Crète)
  • 5 - Flotte d'Alexandrie (route suivie plein Ouest, parallèle au rivage, puis remontée au Nord-Ouest. A 7h30 le porte-avions Formidable et 2 croiseurs se séparent de l'escadre pour filer au Nord-Est. 6
  • 7 - Escadre d'Alexandrie qui a appareillé à 03 heures, cap sur le Sud-Est de l'ile de Crète
  • X = Ici a eu lieu l'attaque sur le Formidable
Préparation d'un second raid contre le Formidable

Parallèlement à cette action facile, le commandement allemand prépare une action d'envergure. En effet, réunissant tous les bombardiers disponibles, Serge a décidé d'en finir avec ce porte-avions qui constitue pour lui ure menace redoutable. (Il ne connaît pas en effet le nombre de points de dégâts causés au porte-avions et le croit toujours opérationnel). A cet effet, il informe l'arbitre (plan de vol fourni) qu'à 11 heures une attaque aura lieu comprenant 75 appareils dont ci-joint le détail : 21 JU-88, 9 He-111, 36 Do-17 escortés par 9 ME-l10 ; munie de bombes de 250 et 500 kg cette formation paraît à première vue devoir ne faire qu'une bouchée du Formidable et de ses deux croiseurs. Nous allons voir plus loin qu'il n'en sera rien.

Une timide réaction britannique

Aux environs de 10 heures, 12 Fulmars et 2 Albacores remontent le long de la côte Grecque à la recherche du convoi de péniches qu'ils n'arrivent pas à localiser. Par contre, les appareils allemands qui couvrent les aérodromes de Tatoi, Eleusis et Argos sont aussitôt dirigés vers le groupe britannique. Ces derniers foncent vers Eleusis (leur 2° mission prévue) mais ont la désagréable surprise de voir arriver un fort contingent de chasseurs ennemis. Les Anglais, sans hésitation refusent le combat (ils n'avaient, en effet aucune chance contre les 17 ME-109 de l’adversaire) et repartent en ayant l'intention de lâcher leurs bombes sur la base d’Argos. Toujours poursuivi par les ME-109 qui commencent sérieusement à se rapprocher, ils sont soudain engagés par 8 ME-l10 qui, eux, couvraient l'aérodrome d'Argos. Il s'ensuit un premier combat, bientôt suivi d'un second mais auquel participent cette fois les ME-109. Les Anglais qui ne se sont pas délestés de leur chargement de bombes sont en mauvaise position. A l'issue des 2 combats les pertes sont les suivantes :
Pour les Britanniques : 6 Fulmars + 1 Albacore
Pour les Allemands : 1 ME-l09 + 1 ME-l10
Les bombes lâchées sur la base d'Argos provoquent 9 points de dégâts aux installations.

Les Anglais sauvent leur porte-avions

Comme prévu, à 11 heures, l'armada aérienne préparée par serge arrive dans la zone où le Formidable a été au préalable attaqué. Ce qu’il ne sait pas c'est que son Arado 196 de reconnaissance a été abattu au cours d'un bref combat par les appareils de la chasse anglaise enfin arrivés d'Alexandrie et surtout que l'escadre britannique a pu rejoindre à temps son porte-avions et constitue maintenant un rempart quasi infranchissable.
Ce qu'il aperçoit maintenant n'est plus un petit groupe naval de 3 navires mais une véritable flotte qui défile, bien groupée, sous les yeux de ses pilotes stupéfaits. Il y a là 2 cuirassés et 2 croiseurs anti-aériens encadrant le porte-avions blessé escortés de 6 autres croiseurs et d'une bonne douzaine de destroyers.
Les avions à croix gammée tournent dans le ciel peuplé, d’éclatements de DCA, hésitant sur la tactique à employer, Serge hésite car, cette fois, la noix s'avère dure à caser ! Finalement, et pour éviter au maximum la défense anti-aérienne de la flotte anglaise, il décide d'attaquer 2 croiseurs naviguant à l'extrémité de l'escadre. A ce moment-là 12 Hurricanes piquent vers le JU-88 qui sont les appareils les plus dangereux pour les navires anglais car eux, bombardent en piqué. Aussitôt les ME-110 de l'escorte larguent leurs bombes à la mer et engagent les appareils britanniques. Les pertes provoquées par le combat aérien sont les suivantes : 4 ME-110 et 1 JU-88 pour 2 Hurricanes. Le reste de l’aviation allemande attaque aussitôt les croiseurs Kent et Suffolk moitié en piqué, moitié en bombardement à basse altitude. Le Kent encaisse 14 points de dégâts et le Suffolk l8 points. 3 JU-88, 9 DO-17 et 3 ME-110 sont abattus par la DCA de l'escadre. Michel et Stéphane peuvent être satisfaits : une vingtaine d'avions ennemis ne retourneront pu, à leurs bases, 2 croiseurs endommagés : la Flotte s'en est bien tirée. Et surtout le Formidable, bien qu'indisponible pour plus d’un an, n’a pas été envoyé par le fond ce qui, du point de vue du moral est très important.

Des bombes sur Molaoi

Pendant que les appareils allemands retournent vers leurs aérodromes pour y lécher leurs blessures, une vingtaine de bombardiers moyens anglais venus d'Alexandrie, attaquent par surprise la base de Molaoi. Là encore, Serge avait prévu le coup : aucun appareil sur la base. Mais la chasse concentrée dans le Nord n'a pas le temps d'intervenir. Les Anglais ne subissent donc aucune perte en appareils et, par contre, infligent à cette base des dommages considérables : 16,15 points de dégâts aux installations, 3 points de dégâts à la DCA. Sur le plan stratégique, et à condition de pouvoir maintenir cette pression, les résultats sont bons pour les Anglais puisque les deux bases les plus proches de l'ile de Crète (Scarpento et Molaoi) sont pratiquement neutralisées en cette matinée.

Une mauvaise rencontre à la mer

Depuis le début de la partie, les sous-marins des deux camps ne s'étaient pas beaucoup manifestés. A part le Britannique qui avait coulé un de ses confrères italiens, les autres attendaient « l'occasion », vous savez celle qui n'arrive qu'une fois dans la vie d'un sous-marinier ; je veux dire d'un joueur de wargame, principalement d'Amirauté. Et, justement vers 13 h 10, l'arbitre informe les « Italiens » qu'un de leurs submersibles voit venir vers lui, tout d'abord de nombreux mats qui pointent à l'horizon et qui se transforment bientôt en 3 croiseurs et 4 destroyers cap droit sur le sous-marin à une vitesse d'environ 30 nœuds. Le commandant n'a pas de peine à identifier une escadre légère anglaise (celle de Malte).
Décision immédiate : on plonge à l'immersion périscopique (14 mètres), 1es 8 tubes lance torpilles parés à lancer. Et l'attente commence.
Quels événements vont surgir à nouveau ?
Le Commandant italien va-t-il saisir sa chance ? En sera-t-il empêché ?
Vous le saurez dans le prochain numéro de Casus-Belli qui relatera la suite et la fin de « Spécial Crète, Mai 41 ».



Programme n° 3
Comment calculer les points de dégâts occasionnés par un bombardement aérien.
Ce programme est la suite logique du n°2 qui lui, permettait de déterminer le nombre et la catégorie des bombes ayant atteint l'objectif.
Avec le n°3 le nombre de points de dégâts vous est donné.

Calcul des points de dégâts

220 LPRINT [2,1]
221 A=RND(0) :DIMN$( l2),NO(12),BO(5,5),B1(5):GOSUB 10000
222 DEFFNR-INT(RND(100)*100)+1
223 DEFFND=INT(RND(10)*6 )+1
224 CLS:INPUT"NOMBRE DE TYPES DE BB";NO
225 DIM D(NO,1):FOR I=l TO NO
230 INPUT “POIDS, NONBRE”;PD, D( I, 1)
235 K=0:FOR J=0 TO 5:IF PD=B1(J) THEN D(I,0)=J :J=6:K=1
240 NEXT J
245 NEXT:DG=0:LPRINT.”LES IMPACTS DE : "
250 FOR I=l TO NO:LPRINT D(I,1)"BB DE";Bl(D(I,0));"KGS"
255 FOR J=1 TO D( I,1) :DG=DG+B(D( I,0), FND):NEXT J, I
260 LPRINT"ONT PROVOQUE";DG;
261 LPRINT"POINTS DE DEGÂTS SUR L'OBJECTIF"
10000 RESTORE 11000
10001 FOR I=0 To 5:FOR J=0 TO 5:READ B(I,J):NEXT J,I
10010 FOR I=0 TO 5:READ B1(I):NEXT I
10910 RETURN
11000 DATA 0.5,0.50.25,0.25,0.15,0.05
11010 DATA 1,1,0.5,0.5,0.25,0.15
11020 DATA 2,1.5,0.75,0.75,0.5,0.25
11030 DATA 4,3,1.5,1.5,1,0.25
11040 DATA 6,4,2,1.75,1.5,0.5
11050 DATA 8,6,3,2.5,2,0.5
11060 DATA 50,100,250,500,750,1000

EXEMPLE DE RESULTAT :
LES IMPACTS DE :
20 BB DE 100 KGS
15 BB DE 250 KGS
10 BB DE 500 KGS
ONT PROVOOUE 28.3 POINTS DE DEGÂTS SUR L'OBJECTIF

Programme n° 4

Si le bombardement aérien concerne une base aérienne, ce programme vous indique quels sont les objectifs atteints et détermine l'importance des dégâts pour chacun d'eux.

Vous indiquez à l'ordinateur :
  • le nombre d'avions sur les pistes
  • Le nombre d'appareils dans les hangars
  • Les points de DCA
  • Les points de l'aérodrome
L'ordinateur vous calcule la valeur totale de l'objectif et indique la répartition des dégâts.

Evaluation de l'objectif

- REPARTITION DES POINTS DE DEGÂTS -
264 LPRINT [2,0]:INPUT"COMBIEN DE POINTS DE DEGATS" ;DG
265 INPUT"COMBIEN D’AVIONS SUR LES PISTES" ;AP
266 INPUT"COMBIEN D'AVIONS DANS LES HANGARS" ;AH
267 INPUT''COMBIEN DE POINTS DE DCA";DC
268 INPUT"VALEUR DU TERRAIN";VT
269 VO=VT+AP+AH+DC :PP=DG/VO
270 LPRINT"EVALUATION DE L'OBJECTIF: "I;VO; "POINTS"
271 LPRINT CHR$( I3) :LPRINT''RESULTAT DU RAID AERIEN''
272 DP= INT (PP*AP):DH=INT (PP*AH)
273 DAA=INT(PP*DC):DT=DG-(DP+DH+DAA)
224 LPRINT DP"AVIONS INCENDIES SUR PISTES"
275 LPRINT DH;"AVIONS DETRUITS DANS LES HANGARS"
276 LPRINT DA; "POINTS DE DEGÂTS DCA"
277 LPRINT DT; "POINTS DE DEGÂTS SUR INSTALLATIONS ''
280 END

EXEMPLE DE RESULTAT
EVALUATION DE L'OBJECTIF : 88 POINTS
RESULTAT DU RAID AERIEN
5 AVIONS INCENDIES SUR PISTES
3 AVIONS DETRUITS DANS LES HANGARS
7 POINTS DE DEGÂTS DCA
13.3 POINTS DE DEGÂTS SUR INSTALLATIONS

Dans un prochain numéro je vous indiquerai un programme pour les combats navals qui détermine :
  • le nombre de salves au but
  • Le nombre d'obus touchants
  • Les points de dégâts occasionnés à la cible.
Amis wargames à bientôt.

Jean Ricard










mardi, mai 16, 2023

Scénario Amirauté : Casus Belli N°24

 


Casus Belli N° 24
Au format PDF

Dès la parution de « Spécial Crète Mai 41 » diffusé par Hexalor et monté par l'excellente équipe du Journal du Stratège, nous avions décidé à Toulon de le jouer pour les vacances de Noël. Deux équipes ont été constituées et votre serviteur a tout naturellement été réquisitionné pour assurer l'arbitrage.
C'est cette partie que je vais vous décrire et, en même temps, commenter.
Serge assurait le commandement des forces germano-italiennes tandis que Michel et Stéphane se répartissaient la tâche dans le camp britannique.
D'entrée de jeu, les deux camps demandaient que la partie commence le 27 Mai 1941 non pas à 6 heures mais à 0 h (minuit). Demande acceptée car le départ du jeu à 6 heures défavorise beaucoup le camp anglais. De plus l'arbitre revalorisait les points affectés à l'aéroport de Malte, 40 points au lieu des 12 attribués dans le livret de jeu. En effet, la base aérienne de Malte a été constituée dès le mois d'août 1940 par la réunion de 3 aérodromes reliés entre eux par des pistes de roulement de plusieurs kms de long, qui ont permis à l'aviation de l’ile de pouvoir utiliser les pistes d'envol môme au moment des bombardements les plus durs effectués par les avions germano-italiens. La liste des avions basés à Malte à cette époque démontre la capacité de la base à assurer la maintenance d'au moins 80 appareils.

En décembre 1940 il y avait déjà sur l'île :
  • L'escadrille 148 (environ 20 Wellingons de BB de nuit)
  • La 830 (12 Swordfishs torpilleurs)
  • La 431 (6 à 8 Glenn Martin Recco-photo)
  • La 261 (environ 12 Hurricanes)
  • Sans compter une vingtaine de Blenheims et Beauforts torpilleurs, 1 Latécoère rallié d'Algérie et les 4 Sunderlands de reconnaissance.
  • Dans « Feux du Ciel », Clostermann signale environ 90 appareils sur l'ile et Jean-Jacques Antier dans la « Bataille de Malte », précise que le 12 juin 1942, l'ile abritait 198 chasseurs et 78 bombardiers.
  • De plus nous n'avons pas tenu compte de la règle de comptabilisation de dépense de munitions de DCA, car vu le nombre de navires engagés (une centaine) cela aurait terriblement alourdi le jeu.
La carte des opérations

Nous avons reproduit sur du papier de couturière la carte fournie dans le jeu, mais une chose nous a étonné, c'est l'absence des bases aériennes africaines. Nous avons donc positionné pour le camp italien les aérodromes de : Tripoli (40 points) - Benghazi (24 points) – Dema (24 points) et du côté des Britanniques : Fouka (24 points) et Marsa-Mathrouh (24 points). Les Anglais en avaient bien besoin car pendant les réunions préparatoires d'État-major la distance Alexandrie-Crête avait provoqué de réels maux de tête à Stéphane et Michel, compte tenu du rayon d'action de leurs appareils.

Les mines

Les contre-torpilleurs italiens type Da Mosto et Alpino emportant des mines, nous avons indiqué aux joueurs la règle suivante :
  • Emploi des mines : Elles sont chargées sur un navire au rythme de 12 par heure (ceci s'explique par la longueur et le danger de l'opération) c'est à dire une toute les 5 minutes. Lorsque le navire les mouille, elles tombent alternativement bâbord-tribord, une toutes les 10 secondes. La distance les séparant est donc essentiellement fonction de la vitesse du mouilleur des mines. (On peut mouiller jusqu'à la vitesse de 20 nœuds).
  • Dragage : La vitesse de dragage des mines est de 12 nœuds.
Le jeu commence...

Les deux camps remettant à l'arbitre la position à la mer de leurs sous-marins : il est minuit.
Les sous-marins britanniques sont positionnés de la pointe Sud-Ouest de la Grèce (Cap Matapan) au Sud-Ouest de l'ile de Crète, en barrage contre un éventuel passage des escadres italiennes. Deux sont en embuscade au large (trop au large !) du port de Tarente. Un dernier surveille au plus près le détroit de Messine.
Les Italiens ont adopté un dispositif plus resserré : 2 submersibles au Nord de Malte. 3 placés devant les ports Sud de la Crète (Sfakia et Melambes). 1 en embuscade entre Malte et la Crète (on verra par la suite que l'idée est bonne).

1e phase : L'arbitre déclenche un mouvement de 3 heures (de 0 à 3 heures)
Le commandement italien fait immédiatement prendre la mer à l'escadre 1égère de Messine : 3 croiseurs lourds + 4 croiseurs légers + 5 destroyers type Da Mosto) partent à 25 nœuds en longeant la côte sicilienne, cap au sud, objectif Malte pour un bombardement éventuel des aérodromes. Les 3 destroyers type Leone patrouillant le détroit de Messine en recherche anti-sous-marine. A minuit appareille également la flotte de Tarente au grand complet (2 cuirassés, 1 croiseur lourd, 3 croiseurs 1égers.7 destroyers). vitesse 25 nœuds, cap au Sud-Est, mission couverture des troupes devant débarquer en Crète. A Naples, la flotte est mise en état d'alerte. L'appareillage étant prévu pour 3 heures du matin.

Pendant ce temps que faisaient les Anglais ?

A minuit, toutes les unités en état d'alerte prennent la mer. Il y a là une armada impressionnante qui silencieusement défile dans la nuit : 2 cuirassés, le porte-avion Formidable, la moitié des croiseurs et des destroyers ancrés dans la rade prennent le large, direction plein Ouest en suivant la côte africaine.
Mais toute cette armada s'alignant sur la vitesse du Warspite ne file qu'à 22 nœuds. C'est là une faute importante commise par les Anglais, car ils n'ont pas un nœud à perdre s'ils veulent pouvoir dès le lever du jour, assurer à la fois la couverture de l'embarquement des troupes et du matériel par l'aviation embarquée et pouvoir récupérer les avions basés à Malte. Tout le reste de l'escadre est immédiatement mis en état d'alerte.
Sur l'aéroport d'Alexandrie les bombardiers sont équipés de bombes de 250 kg. Ils doivent effectuer au jour une mission en coopération avec l'aviation embarquée.

2e Phase : l'arbitre annonce un mouvement de 3 heures (3 à 6 heures).
Durant cette période rien d'important n'a lieu, sur mer. L'escadre italienne de Naples appareille en direction du détroit de Messine et la 2ème flotte d'Alexandrie prend la mer en direction du Nord-Ouest à 23 nœuds ! (Toujours le handicap des vieux cuirassés). Le Barham fait ce qu'il peut... mais il peut peu. A 3 heures, l'escadre légère de Malte a pris la mer, cap au Nord-Est à 32 nœuds (intuition ou réalisme soudain mais un peu tardif de l'Amirauté ?)
Les responsables de l'aviation des deux camps remettent à l'arbitre le détail des mouvements aériens en cours. Et croyez-moi, cette nuit-là il y a vraiment du monde dans les airs !

3e Phase : au lever du jour l'arbitre décide un mouvement d'une heure compte tenu des actions aériennes en cours de déroulement.

Malte

Aux environs de 6 heures le contrôleur aérien de Malte signale des échos sur l'écran du radar annonçant l'approche de deux formations aériennes.
Une vient du Nord (environ 40 appareils), l'autre du Nord-Est, celle-ci moins importante ne comporte que 20 à 25 avions. Simultanément les petits patrouilleurs côtiers envoient un radio précisant qu'ils viennent de repérer de nombreux bâtiments de guerre filant en direction du Nord-Est de l'ile.
L'instant est critique, les Anglais sentent bien qu'ils vont prendre une raclée. Mais le commandement de l'ile décide de faire face. Les 72 Hurricanes décollent immédiatement pour intercepter la formation la moins nombreuse (mais qu'il juge la plus dangereuse). Stéphane et Michel pensent en effet et avec raison, avoir affaire de ce côté, à l'aviation allemande.
Pendant ce temps l'escadrille des 12 Swordfishs torpilleurs prend l'air pour attaquer la force navale repérée près des côtes, afin d'éloigner le danger d'un bombardement possible des terrains d'aviation.

La bataille pour Malte

Il n'a fallu que 5 minutes à nos braves Hurricanes (vitesse ascensionnelle 700 mètres/minute) pour atteindre une altitude leur permettant de dominer leurs adversaires qui eux, volent à 3 000 mètres. Maintenant ils les voient, arrivant dans le soleil, un vol massif serré par escadrille, navigateur en tête. Il y a là 12 Heinkel 111 et 12 JU-88 (les plus dangereux car leur piqué ne pardonne pas). Aussitôt commence la première attaque, fonçant comme des éperviers sur leurs proies, les chasseurs essayent de disloquer la formation ennemie qui répond de toutes ses armes de bord au feu nourri de la chasse britannique.

Pour le premier engagement les pertes sont les suivantes :
  • Britanniques : 3 Hurricanes.
  • Allemands : 3 JU-88, 3 He-111.
Encouragés par leur succès les Anglais attaquent à nouveau jusqu'à épuisement des munitions

Résultat du 2e combat :
  • Britanniques: 2 Hurricanes
  • Allemands : aucune perte.
Pendant ce temps les 12 Swordfishs volant au raz de l'eau ont mis le cap sur l'escadre italienne. Ils identifient bientôt les navires ennemis mais se heurtent à une DCA redoutable. Cette escadre compte en effet 3 croiseurs lourds, 4 croiseurs légers et 5 destroyers. 4 Swordfishs s'abattent en mer, victimes de la DCA. Les 8 autres lancent leurs torpilles mais il est difficile d'atteindre des tailles 2 ou 3 filant 35 nœuds. 17 % de chance c'est peu. Manque de chance allié à l'imprécision du tir, aucune des 8 torpilles ne touche. Durant l'attaque l'Amiral italien ayant réclamé l’intervention de la chasse, 12 CR-42 qui escortaient les bombardiers italiens se délestèrent de leurs bombes de 100 kgs et viennent coiffer les 8 Swordfishs survivants.
  • 8 Swordfishs valeur de combat : 25,6 points.
  • 12 CR-42 valeur de combat : 69,6 points.
Ce fut un massacre : en deux combats 7 Swordfishs furent descendus pour la perte de seulement 2 chasseurs CR-42.
Alors que les 7 Hurricanes et le seul Swordfish survivant mettent cap au Sud-Est, les bombardiers germano-italiens se regroupent et effectuent un raid massif sur le terrain d'aviation de Malte.

La formation italienne est composée des appareils suivants :

6 Z-501avec chacun 3 BB de 200 kg
12 Z-506 avec chacun 1 BB de 1 000 kg + 2 de 100 kg
12 MC-200 avec chacun 1 BB de 200 kg
10 CR-42 qui ont laissé tomber leurs BB à la mer au moment du combat entre les Swordfishs.

Les bombardiers allemands :

9 JU-88 avec chacun 4 BB de 500 kg sous les ailes
9 HE-l11 avec chacun 8 BB de 250 kg (en soute)

Le bombardement a eu lieu à basse altitude en vol horizontal. Le livret de jeu donne 29 pièces de DCA (ce qui à mon avis est un chiffre bien faible) mitrailleuses comprises. Le nombre d'appareils étant de 58, la proportion s'établit à 0,5 pièces par avion attaquant. Le % de chance de tir au but se situe à 2,5 %. Aucun appareil n'a été touché par la DCA. A base altitude, les chances de toucher une cible immobile de taille 1 sont de 40 %.
La base aérienne de Malte a donc reçu (ordinateur dixit) :

6 BB de 1000Kg
19 BB de 500 Kg
30 BB de 250 Kg
8 BB de 200 Kg

Serge en joueur chevronné avait comme on dit « mis le paquet », le résultat fut à la mesure des moyens employés !
Points de dégâts (Sans commentaires)

La crête

Laissons les bombardiers regagner leurs bases et voyons un peu ce qui se passait sur la Crète à la même heure.
Ayant décollé de nuit de l'aérodrome de Tatoi, 36 D0-17 escortés par 6 ME-110 d'Eleusis atteignent la baie de La Sude vers 6 h 05 du matin.
N'apercevant aucun navire en rade (ils sont partis vers l'Est) les appareils patrouillent toute l'ile, sauf inexplicablement le secteur d'Heraklion (où cependant sont concentrés les moyens de rembarquement les plus importants). Ne trouvant pas d'objectifs navals, ils effectuent un bombardement d'appui des troupes au sol dans la région de La Sude (ce qui était leur mission secondaire) puis, au lieu de regagner leur base, ils mettent le cap sur l'aérodrome de Dema afin d'éviter un n retour de manivelle, lors des opérations de ravitaillement.
Parallèlement, au lever du soleil, décollant des aérodromes de Mycènes, Scarpento et Molaoi, 48 JU-87 escortés de 7 ME 109 de Molaoi arrivent sur l'ile et se regroupent vers 7 heures.
Cependant les 18 JU-87 de Scarpento sont les premiers à trouver un objectif intéressant. En effet vers 6 h 45 ils aperçoivent en mer un convoi non protégé de 6 navires marchands qui, partis en pleine nuit de la zone de Rethimo essaient de passer la pointe Est de la Crète. Ces navires étaient vides, mais représentaient malgré tout un objectif non négligeable.
Et puis, seuls les Anglais savaient qu'ils étaient vides ! Déjà le premier Stuka, celui du chef d'escadrille, a basculé, suivi des 17 autres. L'un derrière l'autre, toutes sirènes hurlantes, ils piquent sur les navires désarmés à 560 km/heure. Les bâtiments britanniques disparaissent dans la fumée, des gerbes d'écume et de fumée noire jaillissent de la mer. Les navires sont touchés les uns après les aunes. En l0 minutes il ne reste plus à la surface de la mer que des épaves fumantes auxquelles s'accrochent des survivants hébétés. Les bombes de 500 kg ont accompli leur tâche de mort.
Cependant que les 30 Stukas de Mycènes et Molaoi sont employés en soutien des paras de la région de La Sude.

La reconnaissance aérienne

A 7 heures l'État-major germano-italien signale à l'arbitre que :

Les 3 Arrados 196 viennent de décoller de Scarpento et peignent la mer au Sud et au Sud-Ouest de Scarpento suivant des routes détaillées et un horaire indiqué sur les calques bleus millimétrés qui sont remis à l'arbitre.
De plus les forces navales italiennes à la mer sont maintenant précédées d'avions embarqués qui viennent d'être catapultés du pont des cuirassés et croiseurs. Ces appareils sont du type RO 43. De plus Serge signale que les opérations de ravitaillement des JU-87 (Stukas) de Scarpento sont couvertes par des chasseurs venus de Grèce (7 ME-109 + 7 ME-110).
Il a pris cette décision car cet aérodrome doit, dans son esprit, constituer un objectif prioritaire pour les Britanniques. Et la suite va lui donner raison !

Le piège de Scarpento

Pendant ce temps que faisaient les Anglais ?

A part leurs erreurs tactiques et surtout stratégiques dont nous reparlerons, ils avaient concocté un plan bien calculé et qui allait s'avérer payant.
Partis de leur base d'Alexandrie ou ayant décollé de leurs porte-avions, une vague composée de : 10 Fulmars, 10 Albacores, 12 Blenheims, 6 Beauforts, 6 Beaufighters foncent vers Scarpento (eh oui l'ami Serge avait prévu le coup mais ne l'avait pas suffisamment paré !).
Le 1er coup avait été porté par les Germano-ltaliens, le second va être le fait des Anglais.
Sitôt arrivés sur l'ile, les appareils britanniques sont engagés par la chasse allemande mais le combat est par trop inégal... Les chasseurs allemands submergés se sacrifient mais sont vaincus, 6 ME-l10 et 5 ME-l09 sont abattus, les Britanniques perdent 2 Fulmars, 2 Albacores et 2 Blenheims.
Les 3 appareils restant aux Allemands s'abattront en mer, victimes de la panne sèche ; car après le bombardement, la base de Scarpento n'a pu les recueillir. C'est donc un total de l4 chasseurs qu'auront perdu les Allemands. Mais cela n'est pas fini car il y a au sol, en train de se ravitailler 18 Stukas.
Un déluge de bombes de tous calibres s'abat sur l'aérodrome de Scarpento. En tout 54 bombes de 250 kg et 48 bombes de 100 kg dont la plupart atteignent l'objectif. Au sol c'est la désolation, les Stukas en cours de ravitaillement brûlent comme des torches, certains déjà munis de leurs bombes explosent, ajoutant à la panique.
Voici indiqués ci-dessous les résultats du raid aérien fournis par mon micro-ordinateur d'après les programmes que je vous indique dans mes articles.

Les 31 points d'évaluation de l'objectif représentent : 9 points de terrain + 18 points d'avions + 4 points pour la DCA.

Ont atteint l'objectif :
23 BB de 250 Kg
22 BB de 100 Kg

Les impacts de :
23 BB de 250 Kg
22 BB de 100 Kg

ont provoqué 23.65 points de dégâts sur l'objectif.

Evaluation de l'objectif : 31 points

Résultat du raid aérien :
13 avions incendiés sur pistes
0 avion détruit dans les hangars
3 points de dégâts DCA
7,65 points de dégâts sur installations.

A 7 h 50 les bombardiers britanniques regagnent leurs bases. L'affaire a été très chaude pour les Allemands : 14 chasseurs et 13 Stukas perdus.
Cependant Serge n'a pas perdu son sang-froid. Dès le début du combat aérien il avait demandé à ses chefs d'escadrille d'identifier les groupes d'appareils engagés par les Anglais.
Apprenant que des avions embarqués participaient au bombardement de Scarpento, Serge prenait deux décisions :

1°) Il faisait décoller une formation d'attaque composée de 12 RE-2000 et de 6 SM-79 (armés chacun de 2 torpilles de 450).
Les 6 avions torpilleurs partis de Naples à 1 h du matin s'étaient posés sur la base de Tatoi. C'est de là qu'ils prennent l'air avec l'ordre de mettre le cap sur Scarpento, puis de filer plein Sud.
Les 12 RE-2400, partis de Messine s'étaient posés à Eleusis après le départ des 12 HE-111 qui participaient au raid sur Malte. Ces chasseurs escortaient les avions torpilleurs, portant les espoirs de Serge de découvrir rapidement le porte-avions anglais.

2°) La deuxième décision du commandement allemand concernait un des 3 Arrados de reconnaissance qui, partis à 7 heures de Scarpento suivaient leur plan de vol. En effet cet appareil se trouvait en ce moment au Sud de l'ile. Il reçut comme instructions de suivre de loin les appareils ennemis monomoteurs (c'est-à-dire les Fulmars et les Albacores). Les Anglais qui n'étaient pas tranquilles faisant rentrer les Fulmars à 450 Km/heure, il n'était pas question pour l'Arrado 196 de pouvoir les suivre ; par contre les Albacores, eux ne volant qu'à 260 Kms/heure se trouvaient exactement dans les possibilités de poursuite du 196 volant à 300 Kms/heure. 0r les Anglais (surtout le porte-avions) se trouvaient être dans une position beaucoup plus vulnérable que ne l'espérait Serge. En effet, il n'y avait plus sur le porte-avions aucune couverture aérienne. Seuls 6 Swordfishs restaient inemployés dans les hangars. Un oubli qui va couter cher. Il y avait à Alexandrie 24 chasseurs (12 Hurricanes et 12 Gladiators).
En début de partie, l'État-major anglais avait indiqué à l'arbitre que tous ces appareils étaient en train de recevoir des crosses d'appontage dont la base possédait un stock important. C'était évidemment dans l'intention de les envoyer renforcer les effectifs aériens du Formidable.
L'arbitre avait estimé qu'il fallait environ 3 heures pour que ce travail relativement peu important pour un arsenal comme Alexandrie, soit effectué. Et puis, dans le feu de l'action et la joie du succès remporté sur l'ile de Scarpento, les Britanniques ont tout simplement oublié de les faire décoller.

Laissons là, l'aviation, et voyons un peu ce qui se passait ailleurs.

En mer à 8 H

Un sous-marin italien qui rechargeait ses accus en surface emplit soudain le périscope d'un commandant de submersible anglais (en plongée périscopique) qui lui, n'en demandait pas tant ! Ceci se passait au Sud-Ouest de la Crète. 2 torpilles lancées à une distance de tir de 800 mètres réglèrent définitivement le sort des Italiens. Serge se demanda pendant longtemps pourquoi ce sous-marin ne répondait plus aux messages qui lui étaient adressés.

Une décision couteuse

Parallèlement à ces événements l'Amiral britannique prend la décision d'envoyer son porte-avions vers le Nord pour recueillir l'aviation embarquée.
Mais il ne le fait escorter que par deux croiseurs ! Le Suffolk et le Southampton. Ce qui, compte tenu de l'absence de couverture aérienne, présente un danger mortel pour le Formidable. En effet les 10 chasseurs Fairey Fulmar rescapés du raid sur Scarpento représentent un groupe insuffisant pour assurer la protection du porte-avions. Pourquoi ne pas le faire escorter par le croiseur anti-aérien et une meute de destroyers ?
Pourquoi, surtout, ne pas faire décoller d'Alexandrie les Hurricanes et les Gladiators. A 500 Km/heure les 12 Hurricanes seraient vite là ! Cette décision incompréhensible va peser lourd sur la suite des événements.

Embarquement à Heraklion

Dans le port de la capitale de l'ile, les Britanniques profitant d'un répit momentané embarquent troupes et matériel sur 4 cargos. Un cargo de 5 000 tonnes avec 1 000 hommes à bord et 3 cargos de 2 000 tonnes emportant chacun 1 000 tonnes de fret. A 1 heures ce petit convoi a appareillé cap à l'Est, sans protection navale ni couverture aérienne, il est certain qu'il n'ira pas loin.

Combat aérien sur Athènes

A la même heure un Sunderland qui survolait Le Pirée signale par radio que le port est vide de tout bâtiment. Les Anglais comprennent vite que le convoi de péniches allemand a pris la mer en direction de la Crète. Le pilote du Sunderland signale que la chasse allemande vient de l'engager.
En effet une patrouille de ME 109 qui couvrait la base de Tatoi vient d’intervenir. En 3 minutes le Sunderland est descendu par les 3 ME-109 qui l’attaquaient.

Un coup de chance !

Aux environs de 1 h, un Arrado 196 en mission de patrouille distingue soudain 3 longs sillages sur la mer. Descendant à 2000 mètres il reconnait un porte-avion escorté de 2 bâtiments importants. Il avertit aussitôt sa base. Le message est bien reçu (pion de loto : 23) mais les croiseurs sont signalés comme étant « un cuirassé et un croiseur lourd ».
Le loto 23 précise à l'arbitre de surévaluer les forces repérées.
Que va décider le commandement germano-italien ?
Comment les Britanniques vont-ils réagir à ce nouveau coup du sort ?
Vous le saurez en lisant le prochain numéro de Casus-Belli.

Jean Ricard



dimanche, avril 16, 2023

Flame Of War : FOW

 


Le site de référence sur ce jeu : https://www.flamesofwar.com/ dédié au jeu de figurines historiques sur la seconde guerre mondiale. L'échelle des figurines est de 15mm (1/100ième).

la communauté Francophone :

Sur Facebook : https://www.facebook.com/groups/935570673151880

The french Flame : https://tfowf.forumactif.com/

La communauté internationale : 

Sur Facebook : https://www.facebook.com/groups/1045279105546803

Sur Facebook : https://www.facebook.com/groups/1638258923105667

Sur Facebook : https://www.facebook.com/groups/1327863018001109

Test, avis, critique : Sur le Gobelin Rose.com

Aides de jeu et tutoriels en vidéos : https://www.flamesofwar.com/hobby.aspx?art_id=6527

La chaine TV sur Youtube : https://www.youtube.com/@flamesofwar/videos

La page Facebook : https://www.facebook.com/BattlefrontMiniatures/




samedi, avril 15, 2023

Scénario Amirauté : Casus Belli N°21

 


Casus Belli N° 21


Mais tout d'abord, un peu d'histoire !

Le7 décembre 1941, éclatait comme un coup de tonnerre, la nouvelle de l’attaque par surprise et de l’anéantissement des forces navales américaines du Pacifique basés à Pearl Harbour, par une force aéronavale japonaise. Le monde entier stupéfait entendait voler sur les ondes les bulletins de victoire des forces de l’Axe.
Les commentateurs faisaient grand bruit autour de l'évènement :
« C'était un triomphe sans précédent, la plus grande victoire navale de tous les temps ».
Une victoire ? Un triomphe ? Voire…
En réalité, il s'agissait de la plus belle occasion manquée de tous les temps !
L'insouciance et le manque de rigueur de quelques officiers US venaient d'offrir sur un plateau une occasion unique que le vice-amiral Nagumo ne sut pas exploiter. Car, malgré les supplications des commandants Fuchida et Genda responsables de l'aviation embarquée qui voulaient attaquer à nouveau les objectifs vitaux désormais sans défense de l'lle d'Oahu ; à 13 h 30, sur un ordre de Nagumo, le porte-avions Akagi arbora soudain les pavillons ordonnant un changement de cap ; la flotte japonaise, tournant sur elle-même commença le long voyage de retour vers le Japon.
Et pourtant il en restait des objectifs !
  • Seuls, 3 destroyers sur 32 avaient été détruits
  • La base des sous-marins était intacte, aucun bâtiment touché.
  • 2 croiseurs, seulement, sur 9, étaient touchés.
  • Tous les réservoirs de mazout et d'essence pour avions étaient intacts !
  • Les installations permanentes de l'arsenal, notamment la centrale électrique, étaient intactes, conservant leur entière capacité de réparation.
  • Plus de 80 chasseurs ou bombardiers de l’aviation et de la Marine constituaient pour les pilotes japonais un objectif non négligeable, qu'ils pouvaient rapidement effacer grâce à leurs appareils plus modernes et à leur plus grande expérience au combat.
    Enfin et surtout, les porte-avions américains n'avaient ni été, repérés, ni attaqués et coulés. Car c'était là le vrai et principal objectif aux yeux des officiers japonais de la jeune génération. Le groupe Entreprise était là, à portée de la main, et ils le laissèrent échapper...
    Quelle erreur dans le choix des objectifs ! Comment de vieux cuirassés, filant à peine et péniblement 20 nœuds ont-ils pu constituer dans l'esprit de l'Etat-Major nippon, un objectif prioritaire ? 0n reste confondu devant un tel manque de lucidité. Il est vrai que, comme chez nous, en 1940, certains membres de l'Erat-Major japonais dataient d’un autre âge.
    Le jeu que vous propose l’Amiral part de l'hypothèse suivante : alarmé par les appels du radariste Lockard signalant à d'eux reprises (6 h 55 et 7 h 04) l'approche d'une formation aérienne très importante et non identifiée et par un radio du destroyer Ward signalant la destruction d'un sous-marin inconnu dans la zone de défense, le Centre de Contrôle déclenche à 7 h l5 « l'alerte générale » dans l’ile d'Oahu, et sur toutes les bases navales et aériennes de l’ile.
Chronologie des événements ayant entraîné l'état d'alerte

A 6 h 55, le radariste Lockard du centre radar d'Opona-Station prévient le Centre de Contrôle de l’ile :
« Echo important sur écran radar, Azimut 330 degré ».

A 7 h 04 nouvel avis :
« Gros écho au 136, un grand nombre d'avions (plus de 100) fonce vers nous venant du Nord, 3 degré Est, distance 137 nilles (254 km) vitesse de la formation : 360 km/heure ».

A 7 h 12, un radio du destroyer Ward signale la destruction d'un sous-marin inconnu qui tentait de pénétrer dans la rade.

A 7 h 15 le centre de contrôle déclenche « alerte générale » :
  • L’aviation est alertée.
  • L'ordre d'appareillage monte au mât du sémaphore de l'arsenal.
  • A bord des navires on rappelle aux postes de combat.
  • A terre, les permissionnaires sont rassemblés et dirigés vers leurs unités.
  • Ordre est donné de sortir les munitions de D.C.A. et d'approvisionner les batteries terrestres, qui sont toutes sans munitions.
A 7 h 30, le contact Radar indique : « Distance des avions inconnus 47 milles ».

A 7 h 39 ; distance : 22 milles (41 km).

Navires et bâtiments de servitude en rade de Pearl Harbour le 7 décembre 1941. Au moment de l'alerte générale

Vous trouverez les emplacements au mouillage de ces navires sur la carte de situation ci-dessous.
8 cuirassés : California, Oklahoma, West-Virginia, Nevada, Arizona, Maryland, Tennessee. Pennsylvania.
6 croiseurs : Helena, Honolulu, New-Orléans, Phoenix, San-Francisco, Saint-Louis,
3 vieux croiseurs (des années 1920) : Baltimore, Détroit, Raleigh.
2 vieilles canonnières : Sacramento, Argonne.
1 cuirassé-cible : Utah
2 navires base d'hydravions : Curtiss, Tangier
1 ravitailleur d'hydravions : Swan
3 ravitailleurs de sous-marins : Pelias, Castor, Sumner
2 ravitailleurs d'escadre : Antares, Avocet
1 mouilleur de mines : Oglala
2 navires base de destroyers : Dobbin, Whitney
1 navire atelier : Vestal
1 navire arsenal : Rigel
1 navire entrepôt : Medusa
1 navire citerne ravitailleur : Neosho
1 pétrolier ravitailleur : Ramapo
1 navire hôpital : Solace
4 sous-marins
9 destroyers mouilleurs de mines
30 destroyers d'escadre
2 ravitailleurs rapides d'aviation : Thomton, Hulbert.
8 dragueurs de mines.





Les destroyers en rade de Pearl Harbour le 7 décembre1941 étaient de 5 types différents.
  1. Type Flush-deck (DD 215) : Ramsav, Gamble, Montgomery, Trever, Breese, Zane, Perry, Wasmuth, Preble, Tracy, Pruitt, Sicard. Schley, Ward, Chew, Allen.
  2. Type Bagley (DD 386) 1 cheminée : Henley, Patterson, Ralph-Talbot, Jarvis, Mugford. Blue, Helm, Gridley.
  3. Type Farragut (DD 348) : Monaghan, Dale, Aylwin, Mac Donough, Worden, Dewey, Hull.
  4. Type Porter (DD 356) : Selfridge, Case, Phelps,
  5. Type Mahan (DD 364) :Tucker, Reid, Conyngham, Cummings, Shaw, Cassin, Downes.
Les destroyers mouilleurs de mines de type Flusch-Deck n'avaient plus leurs tubes lance torpilles et emportaient 80 mines. En plus des zones 1 et 2, il y avait en zone 9, 4 DD mouilleurs de mines (Preble, Tracy, Pruitt, Sicard) de ce type.

En zone 7, les 2 ravitailleurs rapides d'aviation (Thomton et Hulbert) étaient du type Flusch-Deck, modifié (2 cheminées en moins). Les types Farragut, Porter et Mahan portaient 2 cheminées.

Voici présentées maintenant, les caractéristiques des navires ne figurant pas dans le livret Amirauté et qui sont inclus dans ce jeu.

Caractéristiques de certains navires spéciaux

Liste alphabétique


Antares : releveur de cibles (ex cargo de 5.000 t) -Vitesse 11 nœuds - Longueur 122 mètres – Arm : 2 x 127 - 2 x 76 aa.
Argonne : canonnière ancienne - 8.400 t. V = 15 nœuds - Long. = 136 m - Arm. : 4x 127 – 4 x 76 aa – 2 x 47 aa.
Avocet : ravitailleur d'hydravions (ex dragueur) 840 t - V : 14 nœuds - dimensions = 57 x 11 x 3 - Arm.: 2 x 76 aa.
Curtiss : navire base d'hydravions (24 appareils) 8.625t - V = 19 nœuds - Dim : 160 x 21 x 6,5 - Arm. : 4 x 127 - 14 mit. aa.
Castor : ravitailleur de sous-marins (ex cargo de 6,085 t) - Long = 138 mètres - V= 15,5 nœuds – Arm : 4 x 127 - 6mit. aa.
Condor : releveur de filets (ex thonier de 115 t) - V = 10 nœuds - L = 20 m
Crossbill : idem
Détroit : croiseur léger ancien (année 1920) 7.000 t - V = 33 nœuds - Dim. : 169 x 16 x 4 - Arm. :10 x 152 - 4 x76 aa-72mit. aa. - 6 tubes LT x 533.
Dobbin : navire base-ravitailleur de destroyers. 8.300 t - V = 16 nœuds - Long.166 m - Arm. : 8 x 127 - 4 x 76 aa - 2 x 57 aa- 4 mit. aa.
Keosanqua : remorqueur de haute mer - 1.000 t - V : 13 nœuds, non armé.
Medusa : navire entrepôt - 8.125 t - V = 16 nœuds - Long = 147 mètres - Arm. : 4 x 127 - 2 x 76 aa - 2 x 57 aa.
Neosho : pétrolier ravitailleur de 8.000 t - V : 16 nœuds - Dim : 168 x 23 x 9,15.
Oglala : mouilleur de mines de 4.2001 - V = 20 nœuds - Dim : 120 x 16-x 5 - Arm. : 1 x 127 - 2 x 76 aa (ancien paquebot transformé).
Pelias : ravitailleur de sous-marins. 7.800t -V = 16 nœuds – Dim : 141 x 21 x 8,7 (ex cargo transformé).
Raleigh : idem Détroit.
Ramapo : pétrolier ravitailleur de 5.300 t - V = 10 nœuds - Long. : 145 mètres – Arm. : 2 x 127 - 2 x 76 aa.
Rigel : navire arsenal (ex cargo transformé de 6.200 t) - V = 10 nœuds - Long. = 129 mètres - Arm. : 4 x 127 - 4 x 76 aa.
Sacramento : ancienne canonnière de 1.140 t - V = 12 nœuds - Dim : 69 x 12 x 3,5 - Arm.: 3 x 102 - 2 x 4l aa - 2 x 37 aa.
Sumner : ravitailleur de sous-marins de2.900 t - V = 14 nœuds – Long = 106 mètres - Arm : 1 x 127 - 2 mit aa.
Swan : ravitailleur d'hydravions - mêmes caractéristiques que l'Avocet.
Tangier : ravitailleur d'hydravions (20 appareils) - ex cargo de 7.700 t - V = 16 nœuds – Long : 141 m - Arm : 2 x 127 - 4 mit aa.
Vestal : navire atelier de 6.625t -V = 16 nœuds - Long : 142 mètres – Arm : 4 x 127 - 1 x 76 aa.
Utah : Cuirassé-cible – Long : 170 m - non armé.
Solace : Navire hôpital – Long : 160 m - non armé.
Les dragueurs de la Zone 10 ont les caractéristiques suivantes : 840t - Dim:57 x 11 x 3 - V= 14 nœuds – Arm : 2 x 76 aa - 2mit aa,

Délai d'appareillage des bâtiments le 7 décembre 1941 à partir de l'ordre d'appareillage :
Les destroyers = 1 heure
Les croiseurs = 1 h 30
Les cuirassés = 2 heures
Les navires auxiliaires et de servitude = 1 h 30

Sauf :
  • Le destroyer Helm peut appareiller à 8 h
  • Le croiseur Honolulu a ses machines en partie démontées. Il lui faut l5 h pour les remonter.
  • Le cuirassé Nevada qui a, par chance, plusieurs chaudières sous pression peut appareiller dans un délai de 45 minutes.
  • La vieille canonnière Sacramento a ses soutes à munitions vides.
  • Le croiseur San Francisco est en révision, chaudières démontées, tous ses canons à terre, il lui faut 18 heures pour tout remonter.
  • Le croiseur Saint Louis a 3 canons de 127 démontés, en cours de révision.
    0n est en train de lui monter l'installation radar, il est couvert d'échafaudages.
    Il lui faut 3 heures pour être en état de prendre la mer. S'il appareille avant ce délai il ne pourra combatte qu'avec 60 % de ses moyens.
  • Le bateau arsenal Rigel est en cours de révision, chaudières démontées, il lui faut 15 h pour pouvoir appareiller.
Position des navires US à la mer le 7 décembre 1941

En rade de Pearl Harbour
  • Le destroyer Ward est en patrouille à l'extérieur de la passe.
  • Dans le loch central : 1 navire (Antarès) remorque une péniche-cible, 1 remorqueur (Keosanqua) l'accompagne.
  • Dans le loch ouest : 1 destroyer (Le Helm) se dirige vers la passe.
  • Il y a 3 bâtiments sous pression : les 2 dragueurs Crossbill et Condor + le destroyer de 1ère alerte (Le Monaghan).
Possibilités de remorquage dans le port

4 remorqueurs à moteur peuvent appareiller immédiatement à la demande.

Pour mémoire :
  • 2 remorqueurs peuvent remorquer un cuirassé (8 nœuds).
  • 1 remorqueur peut tirer un croiseur (5 nœuds).
  • 1 dragueur peut remorquer 1 destroyer.
Autres forces navales à la mer

Task-Force 12. Position : à 420 milles dans le Sud-Ouest de Midway.
Composition : porte-avions Lexingon (18 FA - 2 Buffalos - 36 Dantless - 18 Devastators) + les croiseurs lourds : Chicago, Portland, Astoria + 5 destroyers.

Task-Force 8. Position : 200 milles à l'Ouest d'Oahu.
Composition : porte-avions Enterprise (18 Wildcats - 36 Dauntless – 18 Dévastators) + les croiseurs lourds : Northampton, Chester, Salt Lake City + 9 destroyers.

A 700 milles dans le Sud-0uest d'Oahu : croiseur lourd Indianapolis + 5 destroyers mouil. de mines (Flush-Deck)

En manœuvre au Sud d'Oahu 80 milles : croiseur lourd Minneapolis + 4 destroyers mouil. de mines (Type Flush-Deck).

L'aviation

Seuls, 3 Catalina (armés de charges anti-sous-marines) patrouillaient sur l’ile ce jour-là.
Les appareils en cours de réparation étaient dans les hangars (il faudra 3 heures pour les rendre opérationnels).
Les autres appareils étaient rassemblés, groupés sur les terrains (à moins de 3 mètres les uns des autres pour éviter les sabotages).
Aucun avion US ne peut décoller avant 7 h 50.
L'explication de cette règle est donnée par le timing suivant :

7 h 15... Alerte
5' Réveil et équipement du Personnel
5' Rassemblement du matériel par les équipes de maintenance et acheminement vers les appareils
20 ' Temps de ravitaillement des chasseurs ou, en essence, de tous les autres appareils (et seulement en essence c'est-à-dire désarmés)
5' Chauffage des moteurs.
Pour équiper complètement les bombardiers ou avions torpilleurs il faut se référer aux règles Aviation publiées dans le n° 18 de Casus Belli

Dispositif aérien US dans l'ile d'Oahu le 7 décembre 1941 au matin

carte des aérodromes







Pour jouer en solitaire, il suffit de prendre le camp américain, et de jouer de manière optimum, la réalisation des objectifs cités pour chaque unité japonaise sans en dévier.

La force d'attaque Japonaise
La flotte qui allait porter 1e premier coup était ainsi composée :


Groupe d'attaque
1ère divison de P.A.
- Akaqi (21 Zéro, 18 Val, 27 Kate)
- Kuga (21 Zéro, 27 Val, 27 Kate)
2ème division de P.A.
- Shokaku (18 Zéro, 27Val, 2l Kate)
- Zuikaku (18 Zéro, 27 Val, 27 Kate)
3ème division de P.A.
- Hirvu (18 Zéro, 18Val, 18 Kate)
- Soryu (18 Zéro, 18 Val, 18 Kate)
Groupe d'escorte
- croiseur léger : Abukuma
- 9 destroyers : Akigumo, Arare, Isokaze, Kagero, Kasumi, Hamakaze, Shiranuhi, Tanikæe. Urakaze.
Groupe de soutien
3ème division de ligne : 2 cuirassés : Hiei, Kirishimi
8ème division de croiseurs : 2 croiseurs lourds = Chikuma, Tone
Patrouille de la route
3 sous-marins : I-19, I-21, I-23.
Détachement pour la neutralisation de Midway
2 destroyers : Akebono, Ushio.
Train d'escadre
8 pétroliers et ravitailleurs.
Groupe des sous-marins d'attaque
A 5 milles devant la passe de Pearl Harbour :
5 sous-marins type I (avec petit sous-marin de poche armé chacun de 2 torpilles de 450).
Objectif des submersibles nains : Pénétrer dans la rade Pearl Harbour et causer le plus de dégâts possible).
Groupe des sous-marins de protection
11 sous-marins océaniques équipés chacun d'un hydravion sur catapulte répartis dans un rayon de 8 milles autour d'Oahu.
Objectif : attaquer tous navires ennemis rencontrés après 8 h.
Composition et armement des avions japonais participant aux deux vagues d'assaut
1ère Vague
Sous le commandement du Capitaine de Frégate Mitsuo Fuchida de l'Akagi
- 43 Zéro = mission d'escorte des bombardiers, mitraillage au sol de l'aviation ennemie.
- 40 Kate = torpilleurs, munis chacun d'une torpille à oxygène de 610
Objectif : attaquer par groupe de 5 les cuirassés US et éventuellement tout navire important.
- 49 Kate = bombardiers d'altitude, munis chacun d'un obus perforant de marine de 800 kg transformé en bombe aérienne.
Mission : bombardement par groupe de l0, des cuirassés ennemis.
- 25 Val = équipés chacun d'une bombe de 250 kg
Objectif : bombardement en piqué et mitraillage au sol de la base de Wheeler field.
- 26 Val = équipés d'une bombe de 250 kg.
Objectif : bombardement en piqué et mitraillage au sol des aérodromes de : Hickam field et de l'ile Ford
2ème Vague
Sous le commandement du Capitaine de corvette Shigekazu Shimazaki du Zuikaku
- 36 Zéro = mission d'escorte des bombardiers et, si possible, mitraillage au sol des appareils ennemis.
- 54 Kait = bombardiers d'altitude, munis chacun de 2 bombes de 250 kg.
Objectif : les bases aériennes d'Hickham field et de Kaneohe.
- 80 Val = équipés chacun d'une bombe de 250 kg. Mission : attaque en piqué de tout navire dans la rade et mitraillage au sol des appareils ennemis.
La 1ère vague est programmée pour attaquer à 7 h 55
La 2ème vague sera sur ses objectifs è 8 h 54.

Au moment de l'attaque de la 2ème vague, le parti japonais précisera à l’arbitre les objectifs choisis par les Vals et le nombre d'appareils attaquants lancés sur chaque objectif. De même, sera précisé le nombre de BB Kate affectés à Kaneohe et Hickham Field.
La composition et l'armement des 2 premières vagues ne peuvent être modifiés ainsi que le but de leur mission. Pour les prochaines attaques toute initiative est entièrement laissée aux joueurs quant à la composition, l'armement et les objectifs des prochains assauts.

En couverture de l'escadre
Durant l'attaque des 2 premières vagues, 30 Zéro sont conservés en couverture aérienne de la flotte et ce, à la discrétion des joueurs du parti japonais
De même, restent en réserve sur les porte-avions 5 Zéro, 4 Val et 1 Kate.

Autres renseignements

Armée de terre
Il y avait dans l'enceinte de l'arsenal ou à proximité immédiate, 12 batteries de D.C.A. (48 pièces de 75 aa).
Très peu avaient leurs armements et, aucune, ne possédait de munitions de parc, au moment de l'attaque. Il faut compter 2 h de délai pour qu'elles soient correctement approvisionnées.
De même, un délai identique sera décompté, pour les 8 batteries mobiles que le parti US placera à son choix sur le terrain.
Les effectifs des unités d'infanterie et d'artillerie d'Oahu étaient concentrés à Shoffield Barracks, au centre de l'ile et à Fort Shafter entre Pearl Harbour et Honolulu. Il y avait là 60.000 officiers et soldats dont le déploiement ne fut achevé qu'à la fin de l’après-midi. 0n comptera une douzaine de mitrail. AA sur chaque aérodrome.

Règles du jeu Pearl Harbour
Ce sont évidemment les règles Amirauté qui sont appliquées, plus celles concernant l'aviation (voir Casus Belli n" l8).

Attaque des aérodromes :
  • Par mitraillage : seuls les avions sur le terrain peuvent être touchés.
  • Par bombardement : tous les appareils, y compris ceux en réparation dans les hangars peuvent être détruits.
Plan du feu de la D.C.A. :
Le parti américain remettra à l'arbihe, en début de partie, le plan de feu de la D.C.A. des navires. C'est-à-dire dans quelle zone de la rade sera concentré le tir anti-aérien d'un ou plusieurs bâtiments. Les joueurs pourront modifier cette répartition de tir entre 2 attaques aériennes à condition de le signaler à l'arbitre. Ceci pour permettre le calcul du % DCA/Avions.

Radar aérien : La portée des 5 radars aériens de l'ile est de 150 milles

Sous-marin de poche japonais : Lors de chaque tentative de pénétration en rade, le parti japonais le signalera à l'arbitre, Cela ne pourra avoir lieu qu'entre 6 h 45 et 7 h 15. A ce moment-là, l'arbitre tirera un dé par sous-marin.

Les résultats seront :
1 ou 2 = Le S-M pénètre sans être repéré.
3 ou 4 = La tentative est infructueuse, il faudra la renouveler.
5 ou 6 = Le S-M s'échoue sur les rochers, il est perdu.
Le parti US sera évidemment tenu dans l'ignorance de ces tentatives.

Valeur en points des objectifs
Chaque tube de DCA légère (Mitr. canons de 20 ou 37) : 0.5 point par tube.
A partir du calibre 75 mm = 1 point par tube (4 par batterie) Ceci bien sûr pour les batteries terrestres.
Installations de l'arsenal, valeur totale : 200 points.
Réservoirs de mazout à proximité de l'arsenal = 50 points.
Réservoirs de mazout à côté de la base sous-marine = 30 points.
Les bassins de radoub = 100 points.

Le vainqueur de la partie ?
Les Japonais s'ils immobilisent les cuirassés, détruisent au moins 1 porte-avions et causent + de 60 % de dégâts aux installations permanentes.
Les Américains s'ils arrivent à empêcher les Japonais de réaliser leur objectif.
Amis wargamers choisissez bien vos objectifs et... bonnes chasses !

Jean Ricard

Bibliographie :
Pearl Harbour par Walter Lord,
Les grandes batailles du Pacifique. Morison (3 volumes)
La guerre du Pacifique par Bernard Millot (2 volumes)
Les flottes de combat.